Vers de nouveaux territoires du social à l’écran ?
Si « Toni en famille » marque une césure, c’est qu’il préfigure une mutation plus vaste : celle d’un cinéma social qui cesse d’être prescriptif pour devenir exploratoire. On y plonge comme dans une rivière tranquille, surpris de ce que le courant charrie d’humanité. À l’heure où la tentation du spectaculaire, du cri ou du manifeste guette nombre d’œuvres, Ambrosioni rappelle que le changement est parfois affaire de douceur, de patience et de vérité partagée.
Rares sont les films à réussir ce pari, à ouvrir ainsi le genre tout en conservant la spécificité du regard. Alors, pourquoi faut-il observer de près ce tournant ? Parce que quelque chose de collectif s’y joue, en écho à une société française à la recherche de nouvelles façons de se raconter, et peut-être, de se réconcilier.