L’essor affirmé du cinéma de genre : science-fiction, horreur, thriller social
S’il fallait une boussole pour lire 2025, le cinéma de genre pointerait assurément le Nord. Selon le rapport annuel de la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF), les films de science-fiction, d’horreur et de thriller social affichent les investissements les plus dynamiques auprès des grands studios, mais aussi du circuit indépendant. Paradoxalement, après les années 2010-2020 saturées de remakes et de franchises épuisées (Marvel, DC, Star Wars), la tendance 2025 célèbre le retour de l’inédit et de l’expérimental.
- Science-fiction spéculative — Les studios misent sur une SF dégraissée de ses oripeaux “blockbuster”, axée sur le questionnement : intelligence artificielle, crises environnementales, hybridations humaines. Exemples attendus : “The Parenting Algorithm” d’Alex Garland ou “Palimpsest”, coproduction germano-coréenne, déjà repérée à la Berlinale 2024 pour sa narration fragmentée.
- Horreur d’auteur — Après l’explosion de Jordan Peele, Ari Aster ou Julia Ducournau, l’horreur s’intellectualise davantage, souvent féminisée, toujours politique. Un festival comme Gérardmer parle déjà de “nouvelle vague transfrontière”.
- Thriller social et écologie — Des films français et internationaux s’emparent des anxiétés du monde. “Sauve qui plante”, “Children of the Riverbank” (UK) ou encore des productions brésiliennes inscrivent la narration dans une urgence écologique, tissant le suspense au sein du collectif.
Cette vitalité du genre, qui déplace la frontière entre film de studio et cinéma indépendant, fonctionne comme un laboratoire. Le genre sert de filtre à nos hantises contemporaines, de “miroir déformant fidèle”, pour reprendre Godard.