Au-delà des tranchées : L’humanisme flamboyant de « La Grande Illusion »
1937, au petit matin. La pellicule frémit et avec elle, la promesse de la lumière. La Grande Illusion s’ouvre non sur le fracas des canons, mais sur la...
Explorer le 7ᵉ art, une image à la fois.
Il y a des films où le vacarme du monde moderne redevient une fureur mythique. “Furiosa : Une saga Mad Max”, prélude signé George Miller, en est l’illustration vibrante (Warner Bros, sortie : 22 mai 2024). Le cinéaste australien, 79 ans cette année, remonte le courant de son propre univers post-apocalyptique, offrant à Anya Taylor-Joy et Chris Hemsworth des personnages aussi telluriques que baroques.
Parfois, un film surgit sans tapage mais touche une corde rare. “Un p’tit truc en plus”, comédie réalisée par Artus (sortie : 1 mai 2024), a bousculé le box-office avec plus de 4,4 millions d’entrées (chiffres CNC au 10 juin 2024), s’inscrivant comme le succès populaire inattendu du printemps.
Le cinéma de genre, parfois, raconte tout de l’époque sous un masque. C’est ce que propose “La Planète des singes : Le Nouveau Royaume”, quatrième volet de la saga “rebootée” par la Fox (sortie : 8 mai 2024). Wes Ball, héritier de Matt Reeves, pousse plus loin encore la motion capture, faisant vibrer la frontière entre réel et virtuel.
Peut-on, par le cinéma, ressusciter les fantômes de notre histoire familiale et collective ? Christophe Honoré tente l’expérience avec “Marcello Mio” (sortie : 22 mai 2024), film-miroir où Chiara Mastroianni incarne son propre père Marcello – ou, du moins, sa présence diffuse, vaporeuse.
Ce que le cinéma aime par-dessus tout, c’est renaître de ses braises littéraires. Après “Les Trois Mousquetaires”, place à “Le Comte de Monte-Cristo” (sortie : 28 juin 2024), promesse d’un grand geste romanesque à la française.
Outre les mastodontes évoqués plus haut, ce mois de juin/juillet réserve des œuvres discrètes mais indispensables, souvent issues des sélections cannoises ou du circuit indépendant.
| Titre | Réalisateur/trice | Date de sortie | Genre | À voir pour… |
|---|---|---|---|---|
| Furiosa : Une saga Mad Max | George Miller | 22 mai 2024 | Action/SF | Ses cascades réelles, son univers post-apo, son montage virtuose |
| Un p’tit truc en plus | Artus | 1 mai 2024 | Comédie | Inclusivité, humour tendre, succès populaire |
| La Planète des singes : Le Nouveau Royaume | Wes Ball | 8 mai 2024 | SF/aventure | Progrès technique, parabole écologique |
| Marcello Mio | Christophe Honoré | 22 mai 2024 | Comédie dramatique | Réflexion sur l'identité, casting d’exception |
| Le Comte de Monte-Cristo | Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte | 28 juin 2024 | Aventure | Grande fresque, retour au romanesque |
| La Plus Précieuse des marchandises | Michel Hazanavicius | 20 juin 2024 | Animation | Conte, émotion, sujet historique fort |
| Kinds of Kindness | Yorgos Lanthimos | 26 juin 2024 | Drame/absurde | Expérience formelle, satire féroce |
| The Substance | Coralie Fargeat | 19 juin 2024 | Horreur | Body horror, revendication féministe |
Ce panorama démontre la vitalité d’un paysage où le grand spectacle croise l’introspection, où l’artisanat côtoie l’innovation numérique. Le cinéma, loin d’être un art figé, se redessine sur chaque écran, traverse crises et mutations tout en restant le miroir, parfois déformant, de nos aspirations.
Assister à une projection ce mois-ci, c’est prendre part à un dialogue entre esthètes et novices, entre déflagrations sensorielles et silences habités, entre passé revisité (“Monte-Cristo”, “Marcello Mio”) et fictions du possible (“Furiosa”, “Planète des singes”). Chacun, selon sa sensibilité, y trouvera un pan d’univers à explorer : le rire partagé, le frisson collectif, la réflexion solitaire.
À l’heure où la salle de cinéma se pense menacée par la domesticité des écrans et la vitesse des sorties SVOD, les films cités ici témoignent d’une urgence vivante : celle qui pousse à éteindre son téléphone, à s’asseoir dans le noir, et à se laisser surprendre – ne serait-ce qu’un instant, un plan, un battement de cœur visuel. Les lumières ne s’éteignent jamais vraiment pour celui ou celle qui veut voir naître, devant ses yeux, d’autres mondes.