Vers une « lenteur » créatrice : la révolution du rythme
S’il fallait pointer LA différence majeure, elle serait peut-être là — dans cette lenteur assumée. À rebours du tempo furieux des franchises Marvel ou Fast & Furious, « Dune 2 » réhabilite la durée, l’attente, la latence.
Certaines scènes dépassent les 7 minutes sans coupure majeure. Le duel final ose la suspension, la tension n’est plus montée en épingle mais travaillée sur le fil du souffle. Cela s’entend aussi musicalement : Zimmer file les thèmes, laisse exploser le silence, cisaille la partition pour réaccorder l’attention du spectateur à la matière même du film.
Villeneuve insiste souvent en interview sur cette volonté de laisser « le film respirer, pour que l’imaginaire du public travaille » (Le Monde, mars 2024). Un parti pris qui, dans l’industrie, commence à faire école : le succès critique et public du film pourrait bien annoncer une « vague lente » — un retour du cinéma-spectacle qui refuse l’urgence.