Le cas « The Marvels » : crise d’incarnation et blocage de la mise en scène
Tout le paradoxe de « The Marvels » se cristallise dans sa dynamique interne : volonté d’injecter une dose de légèreté et de nouveauté (la scène musicale, audacieuse sur le papier), mais incapacité à faire exister visuellement cette singularité. Le plan fige, le rythme s’accélère – mais le spectateur reste extérieur, jamais touché.
On retrouve le même phénomène lors des séquences spatiales : là où « Gravity » de Cuarón inventait à chaque plan un vertige sensoriel, le film de Nia DaCosta semble prisonnier d’un cahier des charges visuel, avec peu de latitude laissée à l’organicité de la caméra. Même les effets spéciaux paraissent prisonniers d’une surenchère lassante. L’univers Marvel, autrefois laboratoire de l’image numérique, est-il devenu son propre simulacre ?
Cette crise se vérifie par la réception spectateur : sur IMDb, la note glisse sous les 6/10, et le « CinemaScore » offre un rare B, confirmant la tiédeur du bouche-à-oreille (The Hollywood Reporter).