Entre fragmentation et re-création du lien cinématographique
En 1958, Godard écrivait : “Le cinéma, c’est faire en sorte que la nuit recommence” (Cahiers du cinéma). La chronologie des médias, dans son rêve d’équité, voulait préserver cette nuit, cette attente, cette promesse d’un rendez-vous collectif. Une utopie, peut-être, mais dont les vestiges irriguent encore le cinéma d’aujourd’hui.
Les sorties hybrides apporteront-elles l’effacement de ce rituel ou provoqueront-elles l’invention d’un nouveau lien, plus poreux, plus pluriel, entre la salle et l’écran ? Difficile, au cœur de cette mutation, de trancher sans nostalgie. On sait seulement que ce qui se joue dépasse la simple bataille économique : il s’agit de savoir comment, demain, nous ferons encore monde, ensemble, autour d’un film – quelle que soit la lumière qui l’inonde.