Perspectives et promesses : ce que le cinéma grand public doit à ses réalisatrices
Il y a dans ce mouvement une force tranquille, celle d’un cinéma qui s’autorise à douter, à expérimenter, à s’ouvrir à d’autres récits et d’autres rêves. Les réalisatrices ne font pas qu’ajouter une variation au grand récit populaire ; elles dessinent d’autres routes, cultivent d’autres silences. À force de plans fixes qui deviennent des respirations ou de travellings qui arpentent des mondes intérieurs, elles élargissent ce que le cinéma peut dire — et cela, potentiellement, pour tous.
Car si l’ambition des pionnières, de Dorothy Arzner à Jane Campion, était de revendiquer leur place, celle de la génération actuelle est peut-être de réinventer le sens même du mot populaire. Non plus faire pour plaire, mais faire monde, ensemble. “Le cinéma, disait Agnès Varda, c’est de la mosaïque”, et l’on pressent que désormais, chaque tesselle qu’ajoute une réalisatrice redonne à l’ensemble ses couleurs vivantes et sa promesse de surprise.