Lieux, mondes, mémoires : vers un réalisme magique déstabilisant
Il y a, dans « Le Garçon et le Héron », cette façon de mêler guerre réelle et monde fantastique sans forcer la frontière. La maison-jardin qui sert de point de bascule rappelle l’architecture-matrice chez Miyazaki : le château mouvant, la gare mystérieuse de « Chihiro ». Mais ici, l’immeuble est à la fois abri et piège, hôpital mental et autel intime.
Les mondes traversés sont des palimpsestes : choc d’époques, d’esthétiques, de souvenirs d’exil, le tout teinté d’une polysémie politique (l’évocation des bombardements américains, le Japon de l’après-guerre). D’où cette impression unique de déjà-vu et jamais-vu à la fois, une atmosphère entre Borges et Kurosawa.
- Plus de 4000 dessins préparatoires (données Studio Ghibli relayées par Anime News Network), pour sculpter des décors qui semblent osciller entre la réalité historique et le rêve hanté
- Des séquences de vol, toujours, mais cette fois vues à hauteur d’enfant affaibli, jamais héroïque