L’IA sur le plateau : du storyboard génératif au deepfake éthique
Sur le tournage, l’irruption de l’IA relève souvent du miracle invisible : elle optimise les plannings, anticipe les problèmes logistiques, prévisualise avec une précision troublante. Storyboard automatisés par DALL·E ou Midjourney, repérages virtuels dans des décors générés, rendu d’éclairages en temps réel grâce à l’apprentissage profond… La frontière bascule.
- Disney utilise une IA pour recréer des plans impossibles avec des doublures ou re-jeunir des acteurs dans la saga Marvel (Variety).
- La série The Mandalorian exploite l’IA pour assembler ses décors LED monumentaux et piloter le volume virtuel, fusionnant effets pratiques et générés.
La manipulation est-elle toujours légitime ? Le débat s’est cristallisé autour du deepfake : lorsque Carrie Fisher fut “ressuscitée” numériquement dans Star Wars : Rogue One, une question éthique fut posée sur l’intégrité artistique. L’IA peut tout, mais doit-elle tout faire ?
L’IA, outil de création ou machine à standardiser ?
Il y a le vertige de la puissance, et la crainte du formatage : à force de s’inspirer de données passées, l’IA ne risque-t-elle pas de mimer l’ancien sans inventer du nouveau ? L’automatisation dans la détection des schémas gagnants (succès de box-office, profils-types d’audience) pousse parfois à la formule, à la répétition. Mais, à rebours, de jeunes cinéastes s’emparent de l’IA pour inventer de nouveaux langages : c’est le cas du français Romain Gavras qui, sur Athena, a utilisé une IA pour chorégraphier certains déplacements de foule, du jamais-vu côté narration.